Un geste revendiqué, pas caché
Contrairement à un vol classique, l’action a été menée ouvertement et assumée. Les personnes impliquées n’ont rien tenté de dissimuler. Elles n’ont pas agi pour un gain personnel, mais pour poser un geste politique clair.
Les denrées n’ont pas été revendues. Elles n’ont pas été conservées. Elles ont été redistribuées gratuitement, immédiatement.
Pourquoi une grande chaîne alimentaire
L’épicerie n’a pas été choisie au hasard. Les grandes chaînes contrôlent l’accès à un besoin fondamental tout en annonçant des profits importants, même en période d’inflation.
- salaires qui stagnent ;
- loyers qui explosent ;
- banques alimentaires saturées.
Cibler une grande entreprise, ce n’est pas attaquer des individus. C’est dénoncer un système où manger dépend du portefeuille.
Redistribuer ou criminaliser
Parler de « crime organisé » pour décrire une redistribution de nourriture révèle surtout une indignation sélective. On tolère le pillage légal, mais on condamne sévèrement la solidarité visible.
Le vrai malaise
Ce geste dérange parce qu’il rend visible une réalité que l’on préfère ignorer. La pauvreté est acceptable tant qu’elle reste silencieuse. La faim est tolérée tant qu’elle ne dérange pas.
Conclusion
La question n’est pas seulement de savoir si une loi a été enfreinte. La vraie question est la suivante :
pourquoi, dans une société d’abondance, faut-il enfreindre la loi pour que certains puissent manger ?
Tant que l’alimentation restera un privilège plutôt qu’un droit réel, des gestes comme celui-ci continueront d’émerger. Non par goût du chaos, mais par solidarité et refus de l’injustice.